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Marc Makong Ma Sê est  le secrétaire général du comité de langue basaa .Comité dont le but est de promouvoir la langue et la culture basaa .Il est également détenteur des reliques du Mbog  basaa. Dans les lignes qui suivent, nous vous livrons l'entretien que votre site a eu avec  cet homme ancré profondément dans la culture basaa .Il nous parle des basaa et leur culture. Lisez plutôt!

 

Selon vous c’est quoi la culture ?

 La culture « Mayi »en basaa est l’ensemble des connaissances  acquises  par études  cartésiennes ou par initiations exprimées dans les comportements et convictions par un groupe qui s’identifient.

 

Pensez-vous que la culture soit universelle ?

Evidemment, puisque la culture se trouve partout dans  le monde et dans les sociétés, on peut dire qu’elle est universelle. Il y a même certaines cultures qui sont pareilles partout ou même sont devenus pareilles. Cependant il existe des spécificités zonales, régionales, tribales…La thérapeute par exemple est une culture universelle, seulement elle connait des spécificités  assez distinctes. Dans mon basaa par exemple, il existe une thérapeute bénedictoire qui lie  justement la volonté à la parole et la parole à l’acte.je ne sait pas si elle existe aussi en occident.

 

Existe-t-il une culture basaa ? Si oui faut-il la vivre ?

Il existe bel et bien une culture  millénaire basaa, leur culture faut-il le souligner a été perturbée par le colon « civilisateur » surtout pendant les évènements  pré indépendance. La culture basaa a pour spécificité  la formation complète  de l’homme. Un basaa n’est néophyte dans un domaine de la vie même s’il n’est pas professionnel dans tous ces éléments vitaux. Il se bat dans  plusieurs  différentes sciences- arts- technologie. La culture basaa place l’être humain au-dessus de tout. Elle veut que celui qui gère  une  société gérable  d’où les concepts  connu comme famille élastique, solidarité soutenue. Dans la culture basaa, la famille continue simplement, elle ne s’éclipse pas. En guise d’illustration, j’ai encore  un certain nombre de droits et d’interdits dans les cellules familiales  où naquirent les mères de mes grand-mères maternelle et paternelle. Dans la succession  de mon père que je gère, il me revient souvent de distribuer des droits à certaines  personnes dont les arrières parents sortirent de  notre cellule  familiale nucléaire. Les basaa se partagent communément certains  biens. Un basaa qui abat  un python, une panthère, un  buffle sait que c’est le gibier du clan jamais il ne peut lui arriver  à l’idée de le manger seul. Les basaa parcourent encore des kilomètres pour aller non seulement boire du vin  de palme chez un cousin mais pour  y discuter en même temps des choses importantes  pour la société. Un autre exemple de la spécificité de la culture basaa recueillis dans la gastronomie : toutes les  tribus  de la terre font  la cuisine, les basaa ont développés  le gweya, le mbongo qui est resté leurs marques déposées. Une telle culture ne saurait être bannie .Cependant  l’école  de la tromperie oriente à croire que  la culture basaa voir bantu  a vieilli et qu’il faille l’oublier. Savez-vous que  ce que nous appelons  droit positif  camerounais n’est que l’ensemble des vieilles  coutumes françaises ? qui ignore que ce droit dit positif a tant condamné d’innombrables  innocents qui n’est pas qu’il a été pluriellement impossible à ce fameux  droit de pouvoir  justifier  l’implication  d’un bandit  dans tel ou tel acte régulièrement commis par ce dernier ?Pourtant  la culture  vouée à  la mort a  entre autre  capacité celle de dépister de tels cas.

 

Cette culture  a-t-elle des difficultés auxquelles elle se heurte ?

 La difficulté fondamentale est le combat  sauvage  que les colons administratifs et ecclésiastes ont déclenché contre  elle. Lorsque malgré tous  les combats injustes, la culture basaa parvient à survivre, à donner satisfaction dans plein  de choses complexes  du domaine de la connaissance, de la santé qui est fondamentale à la vie de l’homme nous ne pouvons qu’inviter  nos frères à vivre la culture basaa, mais la  vivre véritablement, c’est  à dire la ressuscité, l’animer, la protéger, la divulguer.

 

Soutenez-vous les  jeunes basaa qui préfèrent la culture occidentale à leur propre culture ?

C’est une blague de mauvais gout  qu’un jeune préfère la culture importée  à la sienne. La culture basaa est pleine  de significations, elle est saine et parait d’émanation divine. Elle tente à nous démontrer que ce n’est pas le bon Dieu qui est le créateur des noirs e par conséquent, il faut les exterminer. Il convient de souligner que  le problème avec les jeunes basaa  qui s’agrippent  à la culture importée est à comprendre à partir de  l’école de l’Occident  qui  a produit  a produit chez nous  au Cameroun des ingénieurs qui ne parviennent pas  à  fabriquer une bicyclette mais à contrario  elle produit une culture  proverbiale de pillage, d’homosexualité et de tout ce qui est  hautement méphistophélique.

 

Que doivent faire  les basaa   pour  préserver leur culture ?

La remise de la culture basaa  à la vie active suppose que les basaa ont  retrouvé leur véritable indépendance. C’est très  difficile qu’ils  y parviennent  mais c’est opérable. Il faut pour y venir déclencher  tous les mécanismes qui le permettent en veillant à la sincérité. Je fais allusion à la justice immanente. Les cadis permettront d’éviter  l’incursion des faux bourdons –adeptes et apologistes des cultures importés à ce débat. En plus, il leur faudra  identifier les souches de cultures, voir celles qui sont gérables, fixer les conditions  d’accès, d’usage et d’initiation, chercher à les imposer sur toute l’aire géographique basaa et progressivement le rêve deviendra réalité.

 

Monsieur le secrétaire général, votre dernier mot à la communauté basaa ?

 Je profite de cette interview pour inviter chacun des détenteurs de la culture basaa à éviter autant que possible de mourir sans enseigner, voire initier de nombreux jeunes basaa. Sans cela le monde ayant horreur du vide, les jeunes  ne peuvent que  préférer ce qu’ils  ont à leur portée : la méchante culture occidentale.

 

Propos recueillis par Tatiana MATJE

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