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Moïse Doumbe artiste musicien et promoteur du festival L’Inggandhih d'Imbokkih nous apporte plus d’éclairage sur cette fête populaire, il parle également du succès et du bilan de l’édition 2012. A la fin du festival, il s’est confié à mbogliaa.com

 

Vous avez organisé du 11 au 18 Août 2012 le festival national L’Inggandhih d'Imbokkih Édition Douala 2012. Faites nous une brève présentation de ce festival.

L’homme se fait en faisant quelque chose, c’est la raison pour laquelle nous essayons tout simplement de réhabiliter cette Fête Populaire d’antan qu’est l’Inggandhih d’Imbokkih. C’est une fête qui avait été institué par nos Divins Ancêtres pour le rassemblement de toute la Communauté des Princes féodaux du pays de la grotte sacrée autour de leurs pères, les Bhombhoki, Elle avait été délaissée , il n’y a pas très longtemps, c’est-à-dire à l’arrivée des étrangers par la pression des guerres entre les Princes et les troupes allemandes d’abord , puis la guerre de l’Indépendance que nous connaissons tous Ceci dit, nous ne créons pas notre Fête Populaire mais nous la restituons seulement dans le but de l’émancipation de la volonté humaine telle que nos Ancêtres l’avaient voulue eux-mêmes pour l’élévation de la conscience du peuple. La première édition dans cette réhabilitation que nous avons commencée a eu lieu à Ékongétokkih en 2010 dans l’Arrondissement de Matombih ; la seconde édition à Bhôdimakakkih en 2011 ; puis ici à Douala aujourd’hui en 2012 pour la troisième édition.

 

Où est la ligne de démarcation entre votre festival et les autres festivals qu’on rencontre un peu partout ?

Ce festival institué par nos Divins Ancêtres n’a pas de comparaison possible avec d’autres. Il n’y a vraiment pas de rapprochement possible avec les autres festivals Et ceci pour deux raisons : la première, parce que le Bokkih (Mbog) est totalement spirituel, à savoir qu’il œuvre pour l’émancipation de la volonté de l’homme. Le but est de dynamiser l’esprit pour le rendre créatif de telle manière qu’il puisse être utile. Et la seconde, est que la mentalité est tombée tellement bas que l’être a du mal même à voir la vie d’une manière normale, et n’en parlons pas alors s’il s’agissait d’aller au-delà des frontières de la raison pour réaliser le supra conscient .

 

Quelle a été la particularité de l’édition 2012 ?

La particularité de l’Inggandhih d’Imbokkih de cette année 2012 a été marquée par le réveil du Bokkih (Mbog) chez les Princes féodaux de la Communauté Sawa Diala avec l’intronisation du Bhombhoki Pôndô Pallawoh, l’homme de Dôkôthy, tout comme il l’a aussi été par la présence de l’Honorable Mpouma Léonard, le Président de l’Association du peuple du pays de la grotte sacrée (Mbog liaa) à ce grand rassemblement où sa prise de parole a été brève et concise. Ce qui marque la réconciliation de cette Association élitiste avec la Communauté des Bhombhoki depuis qu’il y avait eu entorse entre les deux. Et il faut dire que Yébgah le Grand et l’Honorable Éône ont été pour beaucoup dans cette réconciliation qui marque là un grand tournant dans l’histoire de la grande Communauté des Princes féodaux du peuple de la grotte sacrée. Par conséquent, cela montre le rôle civilisateur de ce joyau de la vie qu’est L’Inggandhih d’Imbokkih, notre Fête Populaire, lorsqu’il veut que la vie de l’homme soit tenue sacrée, à savoir que le respect, le service, le progrès de l’être humain et de la vie humaine sont le devoir principal de l’esprit humain.

 

Quel bilan succinct peut-on dresser à la fin de ce rendez-vous culturel ?

La troisième édition Douala 2012 a été plutôt fructueuse et harmonieuse, étant donné que le rythme y a été lent et le mouvement progressif, permettant à chacun de pénétrer la profondeur des messages dont le sens allait parfois du particulier au général et du général au particulier avant de se faire comprendre dans toute leur donne. Je dois dire que nos éminents professeurs ont tout simplement été superbes dans leurs exposés ; ce qui a donné une autre portée que je qualifierais plutôt de scientifique à ce forum d’idées pour la réhabilitation de cette Fête qui a eu aussi le soutien par sa présence du Délégué Régional de la Culture et des Arts. Il y a eu aussi d’autres intervenants de calibre qui se sont eux aussi bien fait entendre comme par exemple notre Diva de la chanson asséenne, Jinetih, Monsieur Lihinagih et le King Dôsugah. Et pour les Bhombhoki, Yébgah le Grand, Thon, Gwadé, Mayih, Mikéngih, pour ne citer qu’eux. Sans parler des interventions des artistes qui ont animé les soirées culturelles et ainsi que celles de l’angélique chœur de l’AUEKA(Association Universelle de l’Etude Kalmoudique) tout le long de ce festival. Le bilan est plutôt positif et riche du fait même de la portée de tous les messages qui ont été véhiculés et de la très grande réceptivité de tous.

 

Vous avez fait venir environ une cinquantaine de Bhombhoki, quel était leur apport à ce festival ?

Moi j’irais même plus loin, non seulement sur l’apport des Bhombhoki à ce festival, mais et surtout sur leur apport à la société en général. Les Bhombhoki sont très utiles à la société et, par conséquent, l’Inggandhih d’Imbokkih, notre Fête Populaire, est le seul et unique moment où ils s’ouvrent complètement à la société d’autant plus que ce sont eux qui vont vers elle. Il faut dire que la vie des Bhombhoki dans la cité a de tout temps été reliée au monde extérieur, dans ce sens qu’ils sont des petits Dieux, des sauveurs, des éducateurs, des guides pour les hommes et la vie du peuple des Princes féodaux aujourd’hui tout comme dans le passé s’est toujours en grande partie développée sous leur direction et par leur influence formatrice. Il faut dire qu’une super Communauté comme celle des Bhombhoki doit être totalement ouverte et capable d’orchestrer, pour ne pas dire intégrer tout ce qui évolue comme mouvement au sein de la grande Communauté du pays de la grotte sacrée, et bien au-delà, à savoir que le peuple des Princes féodaux n’a jamais appris à faire quelque chose pour lui-même mais toujours avec une volonté nationale, pour ne pas dire universelle. Ce n’est donc pas aujourd’hui qu’il va commencer à se refermer sur lui-même. En tout cas, notre idéal de l’unité nationale est né en Pays Bhasah de la région de Douala avec le mouvement nationaliste par l’Union des Populations du Cameroun. Il faut dire que les qualités du Bhombhoki et l’obéissance au Bhombhoki sont très nécessaires dans une société comme la nôtre en tant qu’action d’ensemble pour avoir la réussite dans ses accomplissements. Le rôle du Bhombhoki en tant que celui qui canalise toutes les énergies, est d’être patient, habile et capable de gagner la confiance et l’obéissance de ceux qui le suivent.

 

Et quel est le rôle de ceux qui les suivent ?

C’est d’apprendre à obéir dans l’immédiat. Faute de quoi, il n’y aurait pas de réalisation possible. Je veux dire qu’un orchestre où les musiciens joueraient chacun à sa guise sans vouloir suivre les ordres du chef d’orchestre, n’aurait certainement aucune chance de réussir, car la loi du succès est dans l’obéissance, même dans une action individuelle, à savoir que pour que je fasse quoi que ce soit avec ma main, il faut qu’elle obéisse à ma volonté. Sinon, ce n’est pas possible. Et c’est ainsi donc que sont nées toutes les grandes disciplines qui demandent l’harmonie du corps et de l’esprit.

 

Quelles sont les perspectives que vous avez de l’Inggandhih d'Imbokkih ?

On voudra que dans l’avenir, l’influence de l’Inggandhih d’Imbokkih puisse s’étendre jusqu’à intégrer toute l’humanité. Et cela seul suffit pour montrer tout le travail qu’il reste à abattre.

 

Pensez-vous que la pratique de nos traditions a un avenir au Cameroun quand nous savons que tous les jeunes s’entêtent à mettre en pratique la culture occidentale ?

Pour commencer, je dois d’abord dire qu’il n’y a pas de culture africaine ou de culture occidentale, mais il y a une culture unique, universelle et infinie à laquelle toutes nos habitudes particulières doivent s’adapter et se réajuster pour l’universalité du Moi. Je veux dire que chacun a tout simplement une approche différente pour le moment qui est sa tradition face à cette unique culture universelle infinie qui doit progressivement nous aider à aller au-delà de nos frontières tant géographiques que psychologiques et rompre avec nos habitudes.

 

Votre mot de fin à la population des Saà, des Tih et des Pôh.

Le mot de la fin que je peux adresser ici à la grande Communauté des Princes féodaux du pays de la grotte sacrée est que la fin de l’Inggandhih d’Imbokkih annonce le commencement de l’autre et, par conséquent, nous devons tout simplement nous mettre à l’œuvre pour la préparation de la quatrième édition Somboh 2013 où nous attendons encore avec impatience la géniale contribution de nos grands professeurs de renom comme le philosophe Charly Gabriel Bock, l’égyptologue Umm Indigih, le mathématicien Monggo, le docteur Bhahébékkih, le chimiste Mpouma, pour ne citer que ceux-là. Je dois dire que pour ma part, la réalisation de ce festival édition Douala 2012 a été une joie profonde et absorbante et ainsi qu’une révélation. Je souhaite qu’il en soit de même pour tous ceux qui, dans l’avenir, prendront la réalisation des éditions futures. Mon cœur va vers vous tous. Qu’il en soit ainsi.

 

Propos recueillis par Tatiana MATJE

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