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Association Mbog Liaa

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 Dr  PIERRE EMMANUEL NJOCK « Cet alphabet des missionnaires  ne peut jamais  et à tout jamais  rendre  les langues à tons facile à étudier »

Le président du comité de langue basaa, Emmanuel Njock  est  le septième enfant de  feu Simon Pierre Njock Mbot qui était chef supérieur du canton Ndogbea Sud. Après avoir fait ses études supérieures en langues, il décide de se lancer dans la promotion de sa langue maternelle qui est le basaa. Dans cette  interview il aborde  son parcours, puis nous parle de l’importance d’apprendre  l’Alphabet General des Langues Camerounaises(AGLC)

Peuplebasaa : Comment avez-vous  commencé avec l’enseignement de la langue  basaa ?

J’ai été formé comme enseignant de langues  et je suis professeur d’allemand. Après l’apprentissage de l’allemand, je me suis mis à étudier  ma  langue  maternelle qui est le basaa. Je l’ai apprise de mes parents .Je ne la parlais  qu’avec mes parents. Je  ne l’ai  pas  apprise  à l’école  parce que je suis de la génération  dont on a fermé  la   porte au bout du nez au moment où nous commencions à apprendre le basaa. C’était en 46.En rédigeant   ma thèse de  doctorat, je me suis lancé dans la linguistique appliquée et j’ai embrassé l’étude de la langue basaa .Je me suis spécialisé en linguistique appliquée, et après avoir pris ma retraite, je me suis lancée à l’étude de la langue basaa et à son expansion. DIEU m’a permis de commencer le sous comité de langue basaa qui a été reconnu officiellement  en 95.

Peuplebasaa : Au début, vous  aviez commencé par la vulgarisation d’un alphabet différent de l’alphabet que nous connaissons depuis l’école primaire alors pourquoi commencer par cet alphabet ?

 Je faisais  effectivement dans la vulgarisation de l’Alphabet Général  des Langues Camerounaises  par la production de ce que  nous appelons mitolog afin que les basaa commencent à se familiariser avec cet alphabet. J’avais senti la nécessité de  faire connaitre  aux basaa  cet alphabet qui rend toutes les langues à tons facile à lire. Je profite ici  pour féliciter  tous les professeurs, tous les grands chercheurs dont plusieurs sont morts maintenant   qui ont développé l’AGLC et l’ont répandu avant moi. Je l’ai étudié et j’ai trouvé  qu’il est  bon et qu’il  facilite l’étude de nos langues camerounaises. Une connaissance disait récemment qu’il faut que nous revenions à  l’ancien alphabet  des missionnaires  qu’on appelle alphabet des missionnaires. Cet alphabet des missionnaires  ne peut jamais  et à tout jamais rendre  les langues à tons facile à étudier.

Peuplebasaa : Alors ce comité de langue basaa est –il seulement né  de votre volonté ?

Non ! C’était aussi de la volonté de Mbog Liaa qui avait vu  la nécessité de créer un organe qui s’occupe de cette langue et DIEU a voulu que je sois le premier président de ce comité de langue basaa qui fonctionne bien.

 

Peuplebasaa : Quelle est l’importance pour les camerounais en général  et les basaa en particulier de connaitre cet alphabet des langues camerounaises ?

 Je crois que s’ils veulent voir leurs langues se développer ils ont intérêt à apprendre  cet alphabet par ailleurs cet alphabet nous  permet  de lire facilement notre langue et d’éviter les énigmes  parce qu’à cette heure où je vous parle  tous les pasteurs, les prêtres,  les anciens d’église  qui lisent des textes bibliques  en basaa doivent  les préparer de nombreuses heures avant de le lire. Alors qu’avec l’AGLC, si vous maîtriser les différents tons et les cinq lettres  donc la prononciation a changé, vous n’aurez plus d’hésitation. Par ailleurs quand une personne l’apprend, elle est capable d’écrire toutes les autres langues camerounaises même celle qui n’a jamais entendu parler. Il faut encourager les enfants, les jeunes, les  vieillards  à apprendre cet alphabet  et je félicite le gouvernement qui ait vu l’importance de celui-ci  en décidant  de former les professeurs de langues camerounaises qui doivent enseigner  ce simple alphabet. Je suis fièr de tous les enseignants de ces langues déjà sortis de l’Ecole Normale Supérieure. Et je me félicite de savoir que  c’est vous qui   allez l’apprendre aux  jeunes.

Peuplebasaa : En tant que président du comité de langues basaa quelles sont les actions que vous menez pour  faire connaitre cet alphabet des langues camerounaises aussi bien aux camerounais  en général qu’aux basaa en particulier ?

 J’ai commencé il  y a  32 ans à le faire, le Seigneur m’a donné la force  de  leur offrir ça par ce qui est le plus important .Et ce qui est le plus important pour moi c’est la parole de DIEU.J’ai donc commencé à traduire le petit livre allemand qui s’appelle le losungen, le mitolog en langue basaa. Le losugen est un choix de textes  de méditations quotidiennes pour chaque année. On vous donne deux paroles bibliques que vous lisez et vous posez des questions après avoir lu cela  pour votre méditation personnelle. Vous avez un verset  tiré de l’ancien testament et  puis un  autre un verset  tiré du nouveau testament ces deux versets sont transcrits en Alphabet  General des Langues Camerounaises  et s’ils apprennent soigneusement ces tons et ces lettres qui ont changé Ils n’auront pas de problème pour lire  la langue, il leur restera seulement à pratiquer. En plus de cela  nous faisons dans la production des livres, la  publication d’un journal koo liada bientôt la sortie de la bible écrite avec l’Alphabet Général des Langues Camerounaises.

 Avez-vous un dernier mot pour les basaa ?

 Je dis à tous les basaa de se mettre au travail. Les  basaa sont intelligents et très courageux. Ils savent planifier. Je leur demande maintenant de se concentrer et de faire cet effort  d’apprendre l’AGLC .Ce n’est pas du tout une tâche ardue. Je connais une vieille femme de 72 ans qui n’était jamais allée à l’école car en leur temps, on interdisait aux femmes d’aller à l’école. Elle a suivi notre séminaire à Makak  et elle  a pu écrire à la fin ces caractères. Ma propre maman qui n’a fait que sept ou   huit jours à l’école  et qui ne savait  lire ni  le français   ni le basaa, intéressée par  ce que je faisais, elle m’a demandé de lui donner quelques indications pour lire cet alphabet avant sa mort en 93, elle lisait  toute seule le mitolog.

 Propos recueillis par TATIANA MATJE

 

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