EDEA 13 juin 2015, MBOG LIAA fêtait ses 20 années d’existence

Association Mbog Liaa

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Sa majesté Pegngo Batta Pierre « J’ai demandé aux patriarches de s’asseoir  et de rédiger sans retard  la catéchèse du Mbog »

. Le sexagénaire Pegngo Batta Pierre, chef  traditionnel de Mbengue (Edéa 1er) a pris part en compagnie de bien d’autres chefs traditionnels au premier forum du Mbog Liaa qui s’est tenu le 16 Juin 2012 à Malmiang .Il a accepté répondre à  quelques unes de nos questions sur le Mbog.

Au cours de votre communication au forum  vous vous êtes attardé sur le Mbog .comment définissez vous le Mbog   et sur quoi se base  t-il ?

Le Mbog est indéfinissable selon l’optique rationnelle. Il se base sur des principes pharaoniques d’un coté la rigidité  d’un pouvoir qui ne se partage pas : le pharaon a le dernier mot .De l’autre  coté, obligation  est faite  aux chefs de familles d’ouvrir le dialogue au sein de  leurs clans  et de  porter  les conclusions  à la connaissance  du pharaon. Voila  notre système, un exécutif fort mais sur le plan  social, l’écoute de tous ceux qui peuvent participer  à la vie  exemplaire  de la société. Le Mbog  est donc basé sur  ces principes pharaoniques  en matière d’organisation sociale  et ceux  qui  ont inventé  ce système se servent  des individus préparés pour l’asseoir au sein des populations , l’animer et le rendre compte de ceux qu’ils ont fait .C’est ceux la qu’on appelle les Bapèpè  en langue bakoko et les Bambombog en langue basaa et nous fonctionnons comme ça depuis  des millénaires. Mais depuis le contact avec  l’homme blanc, les  choses ont changé parce le pouvoir de  coercition, le pouvoir de refonte, le pouvoir de sanctionner  a quitté  les mains des patriarches pour se retrouver entre les mains  des procureurs, des commissaires de police, des gendarmes et   plus tard ,le pouvoir est  aussi  tombé entre  les mains  des religieux  qui sont  plus puissants que les préfets, les sous préfets.

Le Mbog a-t-il un père fondateur?

 Quand nous  parlons du Mbog, Nous nous referons   à Nanga Mbang Ngué Nanga. Ce Nanga Mbang Ngué Nanga était un basaa comme tous les autres mais il a eu  ce que nous appelons la révélation et il a créé une religion  que nous appelons la religion du père, la religion du Mbog.Il  a donné  des pouvoir s à des individus qu’on appelle les Mingué  en langue basaa, les Bandjee-ndjee en langue bakoko .Ce sont ces Ndjee-ndjee qui régnaient  sur l’administration du Mbog. C’est  eux qui faisaient  le Mbog. L’administration coloniale nous a causé un tort  irréparable  en assassinant  ces ndjee-ndjee qui étaient à la tête des patriarches.

Quand vous dites que « les Ndjee-ndjee étaient à la tête des patriarches »cela signifie  t-il qu’aucun patriarche n’avait le pouvoir  de demander la condamnation d’un individu à la peine capitale ?

Effectivement c’est le Ndjee- ndjee qui avait l’exclusivité de juger tout criminel qui devait être  condamné à la peine de mort. Et ce sont ces patriarches  qui rassemblaient toutes les informations  pour les apporter à la connaissance  du Ndjee-ndjee. L’homme blanc a tout fait pour décapiter  notre culture. C’est pour cela qu’il est grand temps  de créer une université pharaonique. Nous avons des  moyens intellectuels, nous avons  de l’espace et nos enfants qui sont disponibles   parce que c’est d’abord nos enfants que nous devons prioritairement  remettre au niveau égyptien.

Que pensez-vous faire pour le réveil du Mbog ?

 Nous allons simplement rappeler les principes sacrées à nos enfants, les leur inculquer à travers un enseignement précis. J’ai demandé aux patriarches de s’asseoir  et de rédiger sans retard  la catéchèse du Mbog. C’est ce catéchèse du Mbog qui va être enseigné e à des générations  pour  qu’elles  prennent conscience  dès le bas  âge de la grandeur d’esprit, de la générosité de cœur et de l’esprit qu’il faut avoir pour servir honnêtement la société.

 

Propos recueillis par  TATIANA MATJE

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