EDEA 13 juin 2015, MBOG LIAA fêtait ses 20 années d’existence

Association Mbog Liaa

Latest update Monday 10 August 2020 à 22:14

Edito

Newsletter

Please subscribe for free to receive regularly the communities Bassa, Bati and Mpo'o news.

Visites du site

Compteur activé le 30/05/2018

Visites depuis 01/01/2018
2306033
Ce jour1349
Hier4086
Cette semaine19203
Ce mois59184
Total2306033
Home

yetna-lebaSi le nom de YETNA LEBA a traversé les frontières de la Sanaga-Maritime pour se répandre dans tout le territoire national, il n’en est pas de sa filiation qui demeure mal connue des gens qui s’en soucient d’ailleurs moins. Au moment où nous introduisons sa légende à travers nos pages, nous ne possédons pas nous-mêmes sa filiation qui demeure donc une affaire taboue pour l’instant. Mais de l’avis de nos conteurs, il était natif de Babimbi 1, et plus précisément à Ndôg-Ńém qui est voisin de Lôg-Nkol.

De ce que nous savons pour l’heure, YETNA LEBA n’était rien d’autre qu’un indépendantiste, un revendicateur. Certes, il s’illustra par une violence inouïe, mais toujours est-il que sa violence ne fut point aveugle. Il éliminait systématiquement ceux qui s’dirigeaient contre lui, ou encore ceux qui incarnaient une certaine menace de trahison tant pour lui que pour la cause des libertés. C’est le cas d’une bonne femme qui un jour se plut à se complaindre devant un étranger qui lui demandait à boire. A peine fut-elle interrogée par l’inconnu sur l’état des lieux, qu’elle se mit à lui parler de cette « terreur » qu’est YETNA LEBA, ne sachant malheureusement pas qu’elle s’adressât à ce dernier. Bien évidemment en pareilles circonstances ça ne se tolère pas. YETNA LEBA trancha sa tête avant de reprendre le chemin de la forêt qui était sa résidence.

YETNA avait essentiellement pour cibles principales les autorités administratives coloniales et locales qui se déterminaient par un quelconque enthousiasme à neutraliser les forces nationalistes ou à imposer leur loi sur l’environnement qu’il considérait comme sien d’abord avant d’être celui des autres.

Et sa principale force ?!...

C’était, comme dans la plupart des cas pour tous les anciens nationalistes comme pour les anciens guerriers africains le pouvoir ésotérique. Vraisemblablement, il était initié des loges secrètes anciennes. Selon nos conteurs, il possédait trois récipients installés à trois endroits distincts.Ils étaient toute sa force, car lui conférant l’invisibilité et la capacité de détecter le moindre danger à venir ou encore de vaincre toute sorte d’adversité. C’est de manière que pour le vaincre, les autoritaires militaires du pays durent d’abord consulter des marabouts et des prêtres. On parle d’un certain Abbé MBOGLE, son propre oncle, qui pour défaire l’équation YETNA dut à son tour faire recours à une vieille sorcière dont le nom pour l’instant n’est pas encore connu. Tout porte donc à croire que c’est cette dernière qui livra à MBOGLE le secret des trois marmites, ainsi que la manière dont leur force pouvait être dissoute.

Pour le reste de l’histoire de YETNA LEBA, l’Abbé MBOGLE convoqua un conseil familial pour le faire mourir. Jusque-là, les gens ne réalisaient pas la gravité de l’affaire, ni moins encore la réalité des intentions du prêtre qu’ils croyaient servir réellement la bonne cause. Au cours donc dudit conseil familial, le prêtre utilisa comme arme pour rallier les siens à sa cause, la menace proférée par le gouverneur de ratisser la région Babimbi avant le 16 mars 1973 si YETNA n’était pas livré. Les femmes entendant cela, conseillèrent au prêtre d’aller rencontrer une bonne femme qu’elles savaient être de beaucoup dans la force et la puissance du Guerrier. Ce que fit donc le prêtre à l’insu de tous. C’est de manière que personne en réalité ne sait à ce jour ce qui sortit de cette rencontre. Toujours est-il que quelques jours plus tard, le prêtre entreprit certains rites secrets pour neutraliser l’invisibilité et la puissance de YETNA.

Peu de temps après, une patrouille armée débarqua à Ndôg Ńém. Devant celle-ci, un certain soldat Antoine BILLONG dressé auparavant par l’Abbé. La patrouille investit aussitôt la brousse selon les consignes reçues, et se mit à fouiller de fond en comble.Elle repéra les trois marmites en question. Antoine BILLONG se chargea de les ouvrir une à une en commençant par celle de gauche, et de verser les contenus suivant les conseils de son initiateur. Après, il fouilla devant lui et repéra une cruche fermée. Il l’ouvrit pour également verser le contenu avant de refermer soigneusement comme pour les premiers cas. Mais il n’arriva pas à refermer la cruche. L’opération selon les dires, faillit s’arrêter là, n’eut-été le fait que YETNA en ce moment était distrait. L’éclaireur détaché par la patrouille l’avait trouvé entrain de manger. Sans cela, la scène ne se serait peut-être pas produite comme ce fut le cas par la suite.

En tout cas, une fois cette première opération menée tant bien que mal et que l’éclaireur confirmait l’avoir bel et bien vu de ses yeux, la patrouille qui redoutait donc les représailles après l’incident de la cruche, fonça droit sur la hutte de YETNA sans plus attendre un autre signal. Elle forma rapidement trois colonnes disposées en latéral. YETNA continuait tranquillement de prendre son repas. Redoutait-il quelque chose ? Personne en tout cas ne le sait. Mais tout porte à croire qu’il ne redoutait de rien.

Les soldats avaient auparavant reçu les consignes de le capturer vif. Mais voyant son gabarit, car c' était un homme à qui la nature avait doté d' un physique impressionnant, ils n’osèrent pas. Surtout, l’homme avait à la hauteur de son bras droit, un fusil de chasse à cinq coups. Voyant tout cela, aucun des militaires ne voulut prend le risque de l’affronter autrement que par les balles. Les trois hommes de tête des trois colonnes se détachèrent et approchèrent YETNA à pas de chat. Lorsqu’il fut à porter de main, ils ouvrirent le feu en même temps et l’atteignirent de plein fouet. Mais la force et la puissance de l’homme furent tel qu’il réussit quand même à bondir en vol plané hors de la hutte. Mais avant de réaliser un second geste, les autres donnèrent un assaut final et se ruèrent sur lui gisant dans une marre de sang. Antoine BILLONG se chargea de trancher sa tête avec sa dague. Ces événements eurent lieu le 13 mars 1973 dans le domaine forestier des Ndôg Ńém.

Par Mbombog Kend Djon

Partager l'info