EDEA 13 juin 2015, MBOG LIAA fêtait ses 20 années d’existence

Association Mbog Liaa

Ce site a été mise à jour le Lundi 18 Septembre 2017 à 12:19

 Depuis 21 ans , Théophile MATIP est le chef du village SONG MANDENG, un petit village de l’arrondissement d’ESEKA . Il a succédé à Etienne MATIP son défunt père, qui a régner durant 55 ans dans ce village. Avant de prendre la chefferie en 1996, il est resté 30 ans à arranger les chaussures des habitants de la capitale du Cameroun. C’est avec regret que le Conseiller culturel de l’Association des Chefs Traditionnels du Nyong Ekélle (ACTRAN), nous parle de ces années qu’il aurait dû mettre au service de ses plantations.

 

Bonjour Majesté

Bonjour ma fille

Je suis heureuse et surtout très fière lorsque je parcours les villages Bassas, de trouver qu’il y a qu’en même des chefs établis que le village respecte réellement vous savez que les mauvaise langues disent qu’il n’y a pas de chef en pays Bassas.

Non il y a des chefs, mais surement pas valorisés comme cela se doit.

C’est justement ce que je voudrais dire les chefferies ici n’ont pas vraiment de grande valeur

Quand on parle de chefferie actuellement, je peux dire que les chefferies ont perdues leur valeur. Les chefferies avant n’avaient pas de limites. Les chefs d’avant commandaient leurs frères. C’étaient les chefs de clan. Par exemple la chefferie de Song Mandeng. Le tout premier chef commandait tous les Badjob. Donc même si un Badjob habitait Yaoundé, Douala ou Bamenda, n’importe ou au Cameroun, il payait son impôt ici pas ailleurs. Du temps des allemands parce que ces chefferies ont été crée du temps des allemands. Le tout premier chef est mort en 1911. Quand nous sommes devenus sous tutelle des français, les chefferies ont commencé à prendre les limites. Les territoires sont nés. La chefferie de Song Mandeng a été éclatée cinq fois.

 

C’est une chefferie traditionnelle.

Oui bien sur…

Quand on parle de chefferie, vous comprenez un peu  c'est-à-dire un chef et ses administrés. Actuellement la population du village Song Mandeng a elle seule c’est près de trois cent personnes.

Difficile à gérer sans doute.

Ca s’est sur. Mais vous savez que la vie en communauté n’est pas facile mais on parvient toujours à trouver des solutions à tous les problèmes, et les différents litiges qui risquent porter un coup à la paix dans ce village.

Comment le faites-vous

De fois on arrange dans l’amiable, des fois on arrange en suivant le code pénal, le code traditionnel ou coutumier il y a la coutume on la mélange avec le pénal on voit ce qu’on peut faire pour qu’il y ait la paix

Quels sont les problèmes les plus fréquents

Les problèmes les plus fréquents sont les problèmes de terrain, mais quelques fois les problèmes de femmes mais c’est beaucoup plus les petits problèmes de voisinage mais dans l’ensemble c’est les problèmes de terrains

Est-ce qu’il existe encore ici les soirées de rencontre ou les doyens transmettent des connaissances et des valeurs, on appelait ca soir au village

Oui bien sur. On se retrouve souvent ici le soir. Mais ce n’est pas seulement à la chefferie qu’on se retrouve. On à des rencontres chez les voisins, les doyens, les notables, on se rencontre pour parler de l’histoire.

 

Vous regretter de n’avoir pas pu rester à Yaoundé ?

Non au contraire je crois que j’ai perdu beaucoup de temps à Yaoundé j’ai perdu trop de temps à Yaoundé. Bien sur que avant de retourner au village j’avais déjà ma palmerai, j’avais commencé à faire mes plantations mais je n’ai pas souffert et d’ailleurs, s’il fallait recommencer je ne resterais plus tout ce temps à Yaoundé. Parfois sincèrement je me dis que j’ai perdu un temps fou.

 

Aujourd’hui que faites-vous pour que la culture Bassa soit une référence pour la jeunesse aujourd’hui

Malheureusement nous sommes entrain de perdre nos cultures nos traditions. Nous avons notre réunion des chefs l’ACTRAN je suis le conseiller culturel Association des chefs traditionnel du Nyong et Kéllé, la dernière rencontre était ici vendredi.

Il y en a qui aime la coutume il y en a qui n’aime pas. Mais j’essaie de faire ce que je peux pour qu’elles ne disparaissent pas. Dans la coutume il y a beaucoup de chose : Coutume - Culture – tradition.

Que mettez vous dans ce tout

Il y a nos danses, notre Façon de manger, notre façon de parler et même la façon de prendre la parole. Parler et finir. Il faut apprendre à prendre la parole. C’est vrai. On apprend comment on prend la parole devant les gens, on apprend comment on parle devant les gens et comment on doit finir.

Je vous demandais tout à l’heure comment vous faites pour le transmettre aux jeunes

Beaucoup de jeunes d’aujourd’hui nous disent souvent que, à notre temps il n y avait pas la télévision, il n y avait pas le téléphone et internet. Quand on les invite de venir causer avec nous pour qu’on leur donne l’histoire du village, la vrai, et l’histoire du Cameroun, Ils ne viennent pas. On ne force pas les gens à recevoir des connaissances

Vous parler de l’histoire du Cameroun en général et de votre village en particulier ?

Oui. Nous les chefs, nous disons souvent que l’histoire qu’on enseigne aujourd’hui dans les écoles est fausse, ce n’est pas la vraie histoire du Cameroun. La vraie histoire de notre pays, nous la connaissons. Mais les jeunes d’aujourd’hui, du moins ceux qui vont à l’école se contentent de ce qui leur est enseigné dans les livres du colon. Mais nous, nous maitrisons la vraie histoire du Cameroun .

Propos recueillis par

Yvonne Cathy . N

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