EDEA 13 juin 2015, MBOG LIAA fêtait ses 20 années d’existence

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Ce site a été mise à jour le Vendredi 18 Août 2017 à 13:34

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Ils avaient bloqués l’entrée principale qui conduit à leur village dès les premières heures de la matinée. Personne ne pouvait franchir le pont. Les femmes et les hommes de ce petit village situé dans l’arrondissement d’Edéa 2ème ont manifesté leur colère ce samedi alors que le Sous-préfet d’Edéa 2 voulait installer la nouvelle autorité traditionnelle dudit village

 

La colère est montée d’un cran lorsque la voiture de marque Toyota double cabine immatriculée CA est aperçue à l’entrée du village. Certains s’enroulent au sol, d’autres soulèvent leur pancarte pour dire à Mr le Sous préfet qu’il n’est pas le bienvenu ici dans le petit village de dans l’arrondissement d’Edéa 1er  pour l’installation de  François Xavier MAYEGUI comme chef du village POUTLOLOMA.
Son arrivée soulève une onde de choc pour la communauté villageoise qui voit en ce geste une volonté pour l’autorité administrative de vouloir imposer une chef pour servir non pas les intérêts de la communauté, mais celles de ceux qui décident de l’installer sans leur consentement. Les habitants de ce petit village sortis massivement manifester leur colère sur l’axe central qui conduit au lieu prévu pour l’installation.

Dès les premières heures de la matinée, ils tentent de barricader les différentes entrées au village et ne permettant à aucun étrangers d’y accéder. Aux environs de 10h le Sous - Préfet arrive avec quelques éléments de la force de maintien de l’ordre pour l’installation de celui qui a été nommé comme chef du d’après un arrêté préfectoral transmis dans ses services.

Dans le village on s’insurge contre cet acte qui tend a vouloir passer en force un homme inconnu du peule, mais pourtant acquis à la cause des autorités. Le village dit ne pas connaitre François Xavier MANYEGUI «moi je ne connais pas cet homme, on dit qu’il est de ce village il vit où ? Qui peut me répondre il sort d’où » le questionnement est profond au milieu de la foule qui semble ignorer l’existence de celui qui leur est présenter comme le nouveau chef du village. Personne ne semble le connaitre nous interrogeons toutes la foule qui semble parler un même langage. «  Je voudrais prendre à témoin le président de la République et le Ministre de l’Administration Territoriale. Le Sous-préfet est entrain de nous imposer un chef nous les autochtone nous ne le connaissons pas parce qu’il a les poches pleines, le sous-préfet et le préfet sont ses enfants ». Nous continuons d’interroger la foule et nous finissons tout de même par rencontrer un septuagénaire qui nous dira qu’  « il est mon oncle, mais nous est sa maison ici au village ? Je ne veux pas le chef de Dobiang là ; il n’est pas un chef. Il ne peut pas nous gouverner. Il vit en ville et il n’a même pas un coq ici, ni une poule, encore moins un terrain de 5m2 comment va - t - il nous diriger et a partir d’où. Il n’est jamais venu ici, seulement ce jour comme on va l’installer. Moi je ne suis pas d’accord ».

Arrivé sur les lieux avec son état major le Sous-préfet n’avait pas une autre solution que de retourner à Edéa pour revoir la conduite a tenir face à cette opposition farouche des populations prêtent à donner leur vie pour chasser le chef qui leur est imposé. Entre temps, les villageois continuent de s’amasser sur le pont qui conduit au village, avec des gourdins et autre objet pour empêcher toute tentative d’infiltration d’une autorité. Quelques jeunes vont à cet effet s’allonger le long de la route, sans craindre de se faire écraser par un véhicule ils s’y sont d’ailleurs préparés, l’essentiel étant qu’aucune manifestation d’installation ne se fasse sur leur territoire. La protestation est forte, les hommes les femmes les enfants c’est tout le village qui a manifesté son amertume avec des gourdins et des pancartes explicatives des raisons de ce mouvement ? NON A UN INCONNU a-t-on pu lire sur cette pancarte que transporte une septuagénaire. Mais le langage de la population ne portera pas de fruit car l’autorité administrative reviendra vers le début de la tombé de la nuit alors que les habitants de POUTLOLOMA avaient cru la journée achevée. Le chef de terre est plutôt arrivé avec un grand renfort des forces de maintien de l’ordre police et gendarmes et militaire dans un camions tous cagoulés comme s’ils allaient affronter les terroristes. C’est dans cette ambiance de forte tension que Mr MANYEGUI a finalement été installé contre toute attente, devant quelques curieux, une installation très expéditive et sous haute sécurité, qui continue de susciter des interrogations.

L'évènement en images

 

Yvonne Cathy NKEN

Journaliste

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