EDEA 13 juin 2015, MBOG LIAA fêtait ses 20 années d’existence

Association Mbog Liaa

Ce site a été mise à jour le Lundi 18 Septembre 2017 à 12:19
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C’était le 17 févier 2017. Alors que la communauté Bassa-Bati-Mpoo avait le control sur le lieu sacrée depuis le début du mois de janvier 2017, l’église catholique s’y est invitée de force ce 17 février 2017 pour remettre en place la croix d’acier et une statue de Marie la vierge.

Armes de poings, matraques et autres objet de répression à la main, la grotte sacrée de Ngog Lituba a accueilli ce 17 février 2017 ses pèlerins les plus suspects, sinon les moins habituels, tant ces forces de l’ordre appuyées par des autorités administratives, mais surtout par Jean-Bosco Ntep, l’Évêque d’Edéa ont de force tenu en écart les riverains avant de fixer à nouveau les amulettes de « l’église universelle » en surface de la grotte  de Ngog Lituba. Un acte en lequel ils voient certes une remise en scelle, mais que comptent vandaliser aussitôt avec tous les moyens possibles le peuple Bassa-Bati-Mpoo. « Nous aiderons nos frères Bati, gardiens de notre sanctuaire à lutter sans merci, physiquement, spirituellement, mystiquement, contre toute tentative de l'église d'y remettre la croix, même en notre absence en ces lieux» dixit le Mbombog Simon Mbog Bassong. Voilà qui augure d’une rude offensive entre les deux blocs.


Loin de pronostiquer sur la partie qui soulèvera le trophée de ce duel qui promet de l’action, allons plutôt savoir lequel des camps  est celui des trublions d’une incorrigible obstination datant de plusieurs années. Nombreux s’avanceront très vite pour témoigner de la pertinence de la présence d’une statue de Marie la vierge, « la mère de Jésus » ou de la convenance d’une croix, « symbole de la mort de Jésus pour le salut du monde » au sein de la grotte, tirant sans doute d’un trait sur l’opportunité de l’exécution des rites typiquement africains, qualifiés de « sorcellerie », quoique les deux pratiques sont passablement comparables. Etonnamment, ce n’est pas par la force du sauveur de l’humanité, ou encore moins d’un de ces hommes de Dieu, mais bien grâce aux services de gros bras, indubitablement au dessus des exploits de ce dieu, que les religieux réalisent leur projet de s’imposer dans le lieu sacré. A y voir de près, on ne passerait pas par quatre chemins pour conclure que le tort est celui de l’église catholique. En effet, loin d’être un domaine à être acquis par le plus fort, la grotte de Ngog Lituba est le socle, pour ne pas dire le repère identitaire du peuple Bassa-Bati-Mpôô. L’époque à laquelle remonte leurs premiers pèlerinages sur la grotte est à situer à bien des décades avant l’arrivée du catholicisme en Afrique et au Cameroun.
A l’évidence, la religion moderne avance dans un vaste chantier qui consiste à démonter, mais aussi à révoquer croyances et les valeurs culturelles de l’Afrique pour asseoir son hégémonie. Il est loisible de constater que ces enfants d’Afrique qui n’étaient pas orphelins de dieu avant l’arrivé des religions occidentales, sont désormais autant que leurs divinités et leurs valeurs culturelles des plus établies, les cobayes d’une secte qui n’a guère de répit dans ses conquêtes. Les Bassa-Bati-Mpoo ne se sont pas invités dans les chapelles qui les envahissent, eux et les leurs, que l’évêché s’obstine à vouloir leurs arracher ce qui leurs est le plus précieux ; il faut y voir le stratagème usité pas les missionnaires occidentaux et leurs valets pour investir de part en part sans son gré les recoins du berceau de l’humanité; avec les conséquences que l’on sait et qu’on comptera toujours.

Ce différend entre l’église Catholique et la communauté Bassa-Bati-Mpoo a déclenché lorsqu’en 1959 Monseigneur Thomas Mongo, l’évêque d’Edéa à cette époque, érige une grande croix et une statue de Marie la vierge au sommet de la montagne dans le but d’instituer le pèlerinage diocésain de Ngog Lituba. Les Bassa-Bati-Mpoo en laisseront éclater leur colère, ce qui va valoir la déposition en 2006 d’une plainte pour viol de la sacralité de Ngog Lituba à l’ONU. Après 58 ans qu’il dure, le conflit semble prendre depuis peu un tournant décisif car si les religieux ont désormais l’appui des autorités et des forces de sécurité pour leur défense, Mbombog Simon Mbog Bassong rassure que « leur lutte contre l'imposture historique de l'évêché d'Edéa sera méthodique, continue, durable et sans répit juridique, jusqu'à réparation des injustices et de la violence endurée en assassinant Um Nyobé, notre guide».

Qui est-ce qui aura le contrôle sans partage sur La grotte de Ngog Lituba, montagne percée de 800 m d’altitude et de 1 500 m de hauteur située à Nyanon près d’Edéa ? C’est assurément ce que l’avenir nous donnera de découvrir !

Romulus Dorval KUESSIE,

237online.com

 

 

 

 

 

 

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