EDEA 13 juin 2015, MBOG LIAA fêtait ses 20 années d’existence

Association Mbog Liaa

Ce site a été mise à jour le Vendredi 07 Décembre 2018 à 17:59

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A la demande de plus d’un, je redonne en version écrite le mot qui a ponctué l’ouverture de la soirée culturelle MBOGLIAA du 23 Mai 2014. Il mérite me semble t-il un intérêt au vu des développements de la situation de notre pays et de quelques dérapages constatés ici et là. Est-ce un tort d’avoir raison trop tôt ? A méditer sans modération ! je remercie Dieudonné Iyodi qui m’accompagne chaque fois que je le sollicite dans mes rêves éveillés.

En des temps lointains, très lointains, des hommes et femmes se mirent à descendre le Nil par ses différents bras, s’arrêtant de temps à autres, en de longues pauses civilisationnelles qui durèrent tantôt des millénaires, et tantôt des siècles.

 

Les clans du peuple des NSAA furent de ces migrations à travers l’Afrique.

Le temps passa et traça de nouvelles routes embrouillées, et les siècles déplacèrent les clans composant notre mosaïque de 240 tribus, nous rassemblant finalement dans un même lieu comprenant une partie du plateau de l’Adamaoua. Quand arrivèrent les portugais au 15è siècle sur les berges de Mbéndè (Wouri), nous étions déjà rassemblés dans cet espace qu’en 1884 les allemands baptisèrent KAMERUN. Là, notre voisinage pacifique partagé entre tous était déjà établi, dans ce que nous appelons aujourd’hui affectueusement ‘’Triangle National’’. Un espace où nous avions appris à gérer nos vies, à régler nos conflits, à jouir de nos libertés.

Le peuple de MBOG LIAA n’a pas hésité, à maintes reprises et chaque fois que le devenir de notre pays l’imposait, à ouvrir ses sanctuaires à toutes celles et tous ceux qui, devenant véritablement fils du Cameroun en leur cœur et leur cerveau, pouvaient désormais et irréversiblement devenir fils et filles du terroir NSAA dans leur sang. Les camerounais combattants pour l’Indépendance le savent et s’en souviennent. En de rares fois mêmes, ce furent des fils d’autres races qui y furent reçus ou adoubés, parce que le sort de notre monde était menacé.

Mais toutes ces ouvertures, toutes ces communions, ne furent possibles que parce que celles et ceux de MBOG LIAA, se veulent d’abord filles et fils de « MBOG KÔBA NI KWAÑ – ANE I MALIGA NI TELEP SÉP », c’est-à-dire « La Tradition Cosmique Antique et Eternelle – Le Règne de la Vérité et de la Justice ». L’Ouverture Culturelle d’aujourd’hui, comme celle Traditionnelle de 2010, avant la campagne du Mondial sud-africain, sont autant de jalons sur cette route vers la communion de nos peuples.

Mais une communion qui pose l’inévitable question suivante à toutes nos expressions ethnolinguistiques et culturelles : SOMMES-NOUS PRÊTS POUR LA VERITE ET POUR LA JUSTICE ?

Les clans qui composent le peuple NSAA du Cameroun ont gardé la conscience de leurs migrations, mais aussi le souvenir du partage avec tous les autres clans.

 

Mais s’ouvrir à tous, partager avec les autres n’a pas fait perdre au peuple NSAA la conscience de son héritage multimillénaire : MBOG. Cette tradition de Vérité et de Justice qui fonde l’Harmonie. Une tradition qu’il tend lui-même à oublier. En communion avec nos ancêtres, à MBOG LIAA, nous pensons que l’Art et la Culture, parce qu’issus de la Tradition et l’exprimant, doivent porter la Vérité et la Justice. C’est aussi cela que nous voulons partager dans cette soirée culturelle.  

 

(1)    Une nécessité de redimensionnement et d’ouverture : Rassembler dans un élan de solidarité nationale véritable, communier par le partage autour des fondements profonds des traditions de nos 280 groupes ethnolinguistiques et culturels qui composent notre Nation Cameroun, requiert d’avoir une boussole qui aide à se garder des égarements et des tromperies diverses.

 

 

Les peuples du Cameroun ont entendu parler de ce lieu autrement nommé NGOG LITUBA. Un Rocher qui est tout autant une montagne qui s’élève vers le ciel, qu’une grotte qui s’enfonce dans les profondeurs de la terre. Mais au-delà de la curiosité touristique, « MBÔMBÔLÈ » est une invitation pour chaque peuplade du Cameroun à se rassembler, pour puiser au fond de lui-même, son trésor de Vie, et pouvoir l’offrir aux autres, en toute Vérité et en toute Justice. Il y a donc chez le NSAA nouveau, et de sa part vers chaque camerounaise et chaque camerounais, un appel à un redimensionnement de son être, à une rectification de son existence, pour que nous puissions aboutir à ce projet que nous soutenons tous : un pays prospère et en paix.

 

 

(2)    Une culture nationale portée par la découverte de nos traditions : L’Association MBOG LIAA ne s’occupe et ne se préoccupe pas seulement de la promotion et du développement des clans Bassa Mpo’o Bati. Demeurant consciente de la nécessaire construction de la Nation Camerounaise, elle apporte son soutien à des associations qui œuvrent à cette édification. C’est ainsi qu’elle a accueilli favorablement le projet de la « fondation MBÔMBÔLÈ », non seulement de communiquer ouvertement sur la Tradition des peuples de NGOG LITUBA, mais aussi d’encourager les jeunes du Cameroun et d’Afrique à retourner à leurs sources traditionnelles et initiatiques.

 

Dans cette même dynamique, MBOG LIAA a récemment apporté son appui à ‘’Synergie de la Jeunesse Camerounaise’’, une association qui encadre des jeunes camerounais de toutes origines, âgés de 15 à 35 ans et soucieux de participer positivement au développement intégral de leur pays. Avec la Fondation MBÔMBÔLE, ces jeunes de la SJC viennent de sillonner, du 16 au 20 Mai 2014. les chefferies traditionnelles du pays bamiléké et du pays Bamoun, à la rencontre de leurs riches patrimoines culturels et initiatiques.

L’Association MBOG LIAA, la Fondation MBÔMBÔLÈ, la Synergie de la Jeunesse Camerounaise, ne sont pas les seules à penser et à défendre cette idée de Communion de nos cultures, et d’Union-Fusion de nos legs traditionnels. Nous nous bornons à citer Son Excellence Paul BIYA, alors nouveau Président de la République du Cameroun :

«Chaque Camerounais pourrait ainsi se réclamer d’une culture spécifique, non par le seul fait de la naissance, mais par une connaissance approfondie des données culturelles de son ethnie d’origine. La quintessence culturelle ainsi déterminée est ce que chacun de nous présentera au niveau national horizontal, celui-même de toute la collectivité. Il y a ainsi une double action de fermeture pour la découverte de soi, et d’ouverture pour la rencontre de l’autre. La nouvelle politique culturelle postule ainsi à la fois l’enracinement de tous dans une culture ethnique donnée, et l’épanouissement de tous par une rencontre générale au sein de la culture nationale. La figure qui représente cette dernière est celle d’une rosace. Cette figure symbolise pour la confirmer la volonté de dialogue et de complémentarité affirmée par notre parti. L’on voit comment ce souci de dialogue et de complémentarité doit commencer à l’intérieur du Cameroun, pour déboucher fructueusement sur la scène de la coopération culturelle internationale. Car il faut promouvoir une culture qui soit aussi un produit exportable, de consommation nationale et de haute compétition internationale.»

Extraits, p. 118, de « Pour le libéralisme communautaire » par Paul BIYA (Editions Pierre-Marcel FAVRE/ABC ; 1987)

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