EDEA 13 juin 2015, MBOG LIAA fêtait ses 20 années d’existence

Association Mbog Liaa

Latest update Tuesday 30 June 2020 à 09:38

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Ceux de MEU-LEUKEU (les Bamilékés), comme ceux de MBELEK (les Bassas), déclarent être descendants d’un même patronymique ancêtre : EMELEKE. Ils ont tous migré (séparément ou ensemble, mais personne ne sait plus), au cours des dix premiers siècles de l’ère contemporaine depuis le Soudan et l’Adamaoua, et se sont installés il y a très longtemps dans les montagnes les plus élevées de l’Ouest Cameroun pour les uns, et la vallée de la Sanaga pour  autres. Les uns et les autres clamèrent toujours qu’ils défendaient jalousement les traditions à eux léguées par leurs aïeux. Les trouvèrent dans ces territoires, les colons allemands, puis français. Les uns (les cousins de la montagne) continuèrent leurs migrations,

voire leur expansion territoriale, en essayant de gagner le maximum de terres à coloniser et à exploiter. Pendant ce temps, les autres (les cousins de la plaine) se contentèrent d’occuper un espace si vaste (au moins 10% du territoire national) qu’ils finirent presque par ne plus s’y faire voir, sauf sporadiquement sur les abords des grands axes routiers, jusqu’à ce que tout le monde au Cameroun se mette à convoiter ces terres au nom du droit égalitaire pour tous à l’accès à la terre. Et l’on vit ces habitants  NSAA qui autrefois se vantaient d’être attachés à la terre de leurs ancêtres, dans laquelle ils se contentaient de faire pousser le strict minimum pour ne pas mourir de faim, en vendre des pans entiers. Et je me suis donc surpris à me poser la question suivante : Si les Bamilékés avaient plutôt occupé l’espace territorial actuel du peuple de MBOG LIAA, qu’en auraient-ils fait ?

Un territoire qui comprend l’axe lourd Douala-Yaoundé, qui jouxte les axes Douala-Bafoussam et Yaoundé-Bafoussam, qui comprend la voie ferrée Douala-Yaoundé, les barrages hydroélectriques d’Edéa et Song-Loulou (pour le moment), et les bassins hydrologiques de la Sanaga, du Nyong et du Nkam-Wouri.  Nos cousins de la montagne qui sont pragmatiques auraient commencé par ‘’rentabiliser’’ leur présence le long des routes carrossables, et en premier lieu l’axe Douala-Yaoundé. Sur près de 200 kilomètres entre Yassa et Mbankomo, ils auraient fait de petites plantations (de tous les produits agricoles imaginables, du vivrier aux produits de rente) collées les unes aux autres. Comme généralement tous les 10 kilomètres on change de village en pays bassa, il y aurait eu 40 grandes exploitations agricoles villageoises (sur les deux côtés de la route) qui se seraient développées et n’auraient eu aucun problème d’évacuation de leurs productions. Avec tous les bénéfices engrangés, les cousins auraient ensuite investi dans l’ouverture (et la maintenance) des routes secondaires (dans les contrées avoisinantes du même espace MBOG LIAA), puis des pistes nécessaires à la connexion des villages enclavés pour déboucher sur les grands axes précédemment cités. Le développement des plantations de plus en plus grandes, nombreuses et profitables (à l’image des premières que je viens de citer) aurait justifié la rentabilité économique de projets d’électrification et d’adduction d’eau de leur pays profond. Et avec ces projets, ils auraient accompli une hyper scolarisation et l’installation de pôles industriels et touristiques, car il y aurait eu partout, ‘’dans ce pays où coule la Sanaga’’ un véritable développement rural durable, et ‘’tout y aurait été bien’’.


Ici finit le rêve. Eh oui ! Ce n’est qu’un mauvais rêve… que les bassas eussent réfléchi comme leurs cousins. Mais non ! L’homme Bassa, lui, est sage. Il sait tout et il gère le ministère de la parole. Et surtout, il est d’un individualisme si criard et si cruel (demandez aux colons allemands, aux colons français, à Amadou Ahidjo, à Paul Biya, ils vous diront), depuis qu’il s’est mis à vouloir singer l’homme blanc, à montrer à quel point il savait parler sa langue avec cet accent tonique à couper à la hache si caractéristique des fils de ‘’péplé’’, qu’il lui faut absolument écraser son frère pour étaler son intelligence et sa puissance.

Et comme la cigale qui passa tout l’été à chanter, et qui n’eut pas un seul grain ni vermisseau à avaler quand la bise fut venue, voici donc le NSAA aujourd’hui en train de crier sa misère, sa pauvreté et sa rage, en attendant que les autres (et pas seulement ses cousins), faisant feu de tous troncs d’arbres, et commerce de toutes parelles de terre, n’achèvent de le déposséder de cette terre qu’il reçut en héritage (pour la mettre en valeur) et qu’il n’a arrêté de polluer de sa bêtise, de sa paresse et de sa méchanceté. Et pourtant, les week-ends, il  y enterre des parents, en oubliant qu’en elle, dans ce jardin que nos aïeux ont cultivé, dorment ses pères. Mais sans doute vaut-il mieux pour lui ne pas tenter de les réveiller.  Car ils pourraient alors lui demander, nous demander : Qu’avez-vous donc fait de la Terre que nous vous avons confiée ? 

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