EDEA 13 juin 2015, MBOG LIAA fêtait ses 20 années d’existence

Association Mbog Liaa

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L’on prête, sans doute à raison, les paroles suivantes à Albert EINSTEIN : « Le hasard est le nom que DIEU prend pour ne pas être reconnu ». Ciel, ce qu’il fait alors bien les choses, le hasard ! Surtout, quand il s’agit des choses de son peuple, des choses de ‘’péplé’’, ces gens qui se désignent par ‘’Ibañal bon ba job’’ : les fils du Soleil, que l’on fait tant souffrir. A les entendre ainsi se nommer eux-mêmes, on se croirait sur le plateau andin, chez les Incas, ou alors chez ceux de ANKH en terre de KEM. Et comme dirait l’autre : « En sommes-nous si éloignés ? »

Le hasard, disais-je, fait bien les choses. En Août 1992, de jeunes élites Bassa proclamèrent à Edéa que « Bassa », « Mpo’o » et « Bati » étaient trois mots, voire trois modalités pour désigner le même peuple. Et à la même date, et dans la même ville, il se trouva de plus grandes élites, sans doute investies du pouvoir d’état que semblait leur conférer les fonctions qu’ils occupaient temporairement dans leurs emplois, pour crier haut et fort que ce n’était là qu’une manœuvre politicienne, à combattre nécessairement avec la dernière énergie. Au cours de leur évènement à eux qu’ils avaient organisé et où était représenté tout le peuple, les mêmes jeunes courageux, n’écoutant que la voix de leur cœur et l’appel des ancêtres, affirmèrent que l’éveil de ce peuple passerait nécessairement par la réhabilitation de NGOG LITUBA. Et les autres-mêmes autoproclamées ‘’vraies élites’’ hurlèrent à la provocation, menaçant de mille morts, ces outrecuidants qui osaient s’attaquer à cette désormais établie possession de l’Eglise catholique romaine depuis 1959. Et comme pareil sacrilège ne pouvait rester impuni, les vraies élites, au rang desquels l’on pouvait compter quelques dignes représentants de lignées pseudo-traditionnelles, engagèrent donc toutes leurs énergies pour divertir, détourner, diviser, voire museler ces impertinents.

La suite, on la connait : MBOG LIAA naquit en 1995, au terme d’une réunion hautement stratégique qui vit adopter une image comme symbole de cette association : NGOG LITUBA. Ce n’était pas une photographie du massif, mais c’était assez suggestif pour que le peuple soit fasciné, c’est-à-dire manipulé, par des gens qui se tenaient pourtant assez loin de ce caillou à problèmes. Les mêmes stratèges précités adoptèrent une carte géographique réduisant le territoire de ce peuple aux seuls départements de la Sanaga Maritime, et du Nyong-et-Kélé. Les NSAA de seconde zone, terrés et oubliés dans le NKAM, le WOURI, le MOUNGO, l’OCEAN, la LEKIE, la MEFOU, etc… n’avaient qu’à rester tranquilles. Ce merveilleux regroupement, d’abord d’individus, ensuite de représentants de quelques familles, se qualifia de « MBOG », et réclama ‘’sa province’’. Evidemment, les éminents stratèges n’étaient pas assez fous pour se mélanger totalement avec une horde d’emplumés, dont la légitimité et la régularité traditionnelles ne devaient guerre être remises en question, du fait d’un dogme non écrit : il suffisait de se faire donner le titre, et d’être assez baroudeur, voire assez violent, pour en imposer le respect. En fait, tous les manipulateurs se connaissaient, s’épiaient, et se livrèrent donc des batailles hégémoniques à la fois ouvertes et occultes, dignes de l’épopée mandingue.

Après 17 années de coups tordus en tous genres entre eux, l’âge n’amoindrissant pas l’esprit de ruse, il vint à l’idée des doyens d’enrober les jeunes (des garçons et des filles qui avaient largement dépassé 50 ans), dans une sorte de ‘’kinder-surprise’’, à Malmiang. Dans cet endroit où le hasard savait faire les choses, et les ‘’Lions indomptables’’ de 2010 en savent quelque chose, des surprises se mirent à s’enchaîner. L’on déboucha sur la convocation d’une double assemblée générale du ‘’MBOG LIAA ancien’’ en Novembre 2012 à POUMA, correctement préparée et verrouillée par les mêmes stratèges du temps ancien. Elle accoucha d’un ‘’nouveau MBOG LIAA’’, totalement inattendu, et qui vaut à la nouvelle équipe dirigeante, les attaques les plus déjantées, de jour, de nuit, tout comme sur la toile. Mais les sorciers d’hier semblent être devenus de simples apprentis. Et le Hasard n’entendait pas s’arrêter en si bon chemin.

Lorsque le Bureau Exécutif de MBOG LIAA lança le concours pour le logo de l’association, je ne prêtai pas attention à la question. Puis un jour, bien des mois après que le résultat fut publié, je découvris la surprise : royale ! Alors si le hasard n’est pas DIEU, il n’est plus bien loin des ancêtres ! Je regardais le logo et j’étais abasourdi : ils (BASÔGÔL SÔGÔL) y avaient tout dit, tout mis, en trois symboles et en trois couleurs, en se saisissant de l’esprit et de la main du dessinateur, comme dans une transe. J’ai le privilège de connaître ceux qui ont fait partie du jury. Leurs connaissances en herméneutique générale, en herméneutique des NSAA, et particulièrement celle des BATI BA ÑOÑ, n’auraient pas suffi à leur faire imaginer à eux tous seuls, ce dessin. Mais ils sont sacrément intuitifs. Et ils ont fidèlement écouté la voix des ancêtres.

En septembre 2013, le Dieu du facétieux EINSTEIN, déterminé à bien faire les choses, et ne pouvant apparemment plus arrêter sa machine du hasard, inspira au Président de MBOG LIAA d’aller proposer aux BASSA-MPO’O-BATI du Canada, de constituer leur secteur, de choisir démocratiquement leur équipe dirigeante, et de déterminer librement le premier projet mobilisateur de leurs efforts au sein de la grande famille de ‘’péplé’’, et ça ne rata pas. Ces respectables et dynamiques femmes et hommes de cette diaspora, que j’ai eu l’occasion de rencontrer à ce moment-là, le hasard m’ayant transporté du côté de Montréal à cette période, décidèrent spontanément de cotiser chacun au moins 100 dollars canadiens, pour contribuer à leur manière à l’aménagement du site de NGOG LITUBA, et choisirent comme premier président de leur bureau, un digne fils du canton BATI. Il fut ensuite décidé que le signe distinctif de cet engagement financier accompli par chacun, serait la réception du ‘’pin’’ du logo de MBOG LIAA. L’occasion faisant le larron, j’ai eu le privilège de recevoir des mains du Président Général Jérôme MINLEND cet insigne frappant, et quel Logo !!!  Et j’ai été fier de participer à l’occasion de ce voyage, à un moment majeur de la vie du ‘’nouveau MBOG LIAA’’ : la naissance dans la diaspora la plus éloignée de NGOG LITUBA (le Canada allant jusqu’à Vancouver), du premier secteur actif et novateur de l’association, là où personne ne l’attendait, sauf le hasard, ou comme l’autre l’appelait…Dieu. Et que me dit le hasard dans ce logo de MBOG LIAA ?

LA MAIN. ‘’Ma main, elle a cinq doigts. En voici deux, en voici trois…’’Là s’arrête la similitude avec la chansonnette que tous les enfants reprennent en cœur à la maternelle. Main ouverte comme lorsque l’on prête serment, pour dire la vérité, pour être fidèle, pour être juste. Elle nous rappelle le fondement immatériel et matériel de notre peuple : MBOG KÔBA NI KWAÑ ‘’Anè i maliga ni tèlèp sép’’, et donc Vérité et Justice. « MÂAT », auraient dit nos ancêtres du temps de l’Egypte pharaonique. Mais alors, comme Mâat, faire que par cette main, tout soit harmonie, que les choses soient à leur place, les hommes et les femmes aussi. Et pour cela, que chacun accomplisse ses devoirs, et exerce la pleine solidarité envers les autres, en toute justice et en toute vérité. Cette main est le symbole du travail, du travail seul qui ennoblit l’être humain. Elle est aussi le symbole du l’expression libre, sans peur et sans crainte, qui le libère de l’esclavage et de la domination. 5 doigts de la main, comme les 5 jours de cette semaine ésotérique et ultra secrète que connurent nos ancêtres, et dont nous savons gré à nos frères et sœurs BATI d’avoir si péniblement conservé l’usage, alors que tous les autres ont oublié, et de laquelle nos ancêtres tirèrent autorité sur toute chose, au ciel, sur terre, et dans les mondes inférieurs et intérieurs.

LA MONTAGNE. « MBÔMBOLÈ », dit-on là-bas, pour désigner ce lieu d’où nous venons.  Terre de vie, terre de fécondité, en laquelle coule la liwa, affluent de la Sanaga. Origine de la vie et du monde, ce massif vient nous rappeler que c’est de là que coule cette eau qui régénère toute chose, que c’est à partir de ce point que souffle la brise au sein de laquelle s’entend le murmure de l’Eternel, la Voix du Silence. Ancrée solidement dans le sol pour l’éternité, elle nous dit notre pérennité si nous nous ancrons comme peuple en elle. Elle nous rappelle que quand nos ancêtres furent pourchassés, ils se réfugièrent en elle, et elle les protégea. Elle susurre à l’oreille du myste qui sait faire silence en lui, les secrets que NJAMBÈ ILÔLÔMBI lui confia, et qui gouvernent le devenir de toutes choses. Elle lui enseigne l’humilité et le dépouillement nécessaires, avant qu’il ne puisse être revêtu de la toute-puissance, celle qui permet de donner sa vie, en demeurant dans l’éternité.

LE SOLEIL. Le Maître du jour, qui jaillit de la montagne et la sort de sa longue nuit, de l’obscurité, de l’obscurantisme. Il rayonne, il disperse les mécréants. Il rassure, apaise et restaure la royauté de l’esprit qui s’élève au-dessus de la matière  et l’ennoblit. D’or, il affirme que les métaux lourds ont été transformés dans le ventre de la terre, et donc qu’aucun accomplissement n’est impossible à ceux qui ont la vraie foi : ‘’Hémlè’’, qui fait émerger au sommet. Il est la première richesse, celle de l’esprit, que nous ont transmis nos anciens. Eclairant MBÔMBÔLÈ, il nous montre notre deuxième richesse, notre terre, pleine de toutes les promesses, enviée, convoitée, mais nécessairement à défendre. Mais surtout, il nous dit qu’il est JOB, le Seigneur qui veille sur la tombe où dorment nos pères, sur le jardin qu’ils n’ont cessé de cultiver, amenant à la lumière du jour, les manœuvres des prévaricateurs de la fortune publique et collective, afin que la vérité et la justice les confondent et les condamnent, qui qu’ils soient, où qu’ils soient.

Les ancêtres ont dit : ‘’i ba hala’’ (qu’il en soit ainsi) ! Et le peuple MBOG LIAA dira :’’Amen’’ !

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